... ou pourquoi parfois on se dit que parler chinois ne sert à rien !
J'ai survécu ! Samedi matin j'ai passé le
高级汉语水平考试 , gaoji HSK ou plus exactement le big boss des tests de chinois... En effet c'est LE test de chinois qui vous permet de devenir prof de chinois, traducteur ou présentateur de CCTV
(comme aime à le dire mon prof de kouyu).
Alors bon si vous vous sentez fière de votre niveau de chinois, que vous commencez à sentir vos chevilles gonfler, venez vous aussi participez au gaoji HSK :) Bon j'exagère un peu, mais pour
moi et mon niveau de chinois c'était encore bien juste.
On m'avait conseillé de passer le gaoji HSK car comme
j'avais déjà obtenu le niveau 7 au test HSK inférieur, on m'avait dit qu'il était plus facile d'obtenir le plus petit niveau du gaoji HSK (le niveau 9) que d'obtenir le meilleur niveau du
chuzhong ji HSK (le niveau 8). En effet c'est vrai que du point des pourcentages de réponses justes, le niveau 9 du gaoji HSK ne demande « qu'un peu plus de 50%) de réponses justes (environ
54%, enfin ça dépend des parties). Quant au niveau 8, il faut plus de 80% de réponses justes...
Oui mais voilà, c'est sans compter sur la difficulté qui a considérablement augmentée. Bon c'est aussi normal vu que c'est l' « ultime » examen de chinois.
J'en profite pour donner un petit conseil à ceux qui
souhaitent passer le gaoji HSK : pour avoir des conditions « optimales » , prévoyez des boules quies pour la parie oral... En effet quand on est une bonne cinquante dans une
même salle à passer cette partie la, et qu'on doit tous lire le même texte en même temps... C'est non seulement difficile de s'entendre parler, mais en plus mieux vaut ne pas se retrouver
légèrement en retard par rapport à la masse !
D'après les échos que j'ai eu celui de samedi était
vraiment dur... Donc je n'aurai pas été la seule à souffrir. Reste qu'à moins qu'ils décident de brader leur diplôme, ça me parait totalement improbable que j'ai quelque chose cette fois-ci. En
tout cas ces 3 longues heures d'examen, m'ont amené à me poser des questions. Déjà, pourquoi m'être inscrite à cet examen, mais aussi à quoi ça sert finalement de parler bien chinois, mise à part
vouloir passer cet examen?
C'est un peu toujours la même réflexion que l'on a entre
étudiants étrangers : lorsqu'on a une tête bien occidentale, deux cas s'imposent à vous. Dans le meilleur des cas les gens vont vous étouffer de compliments après avoir prononcés quelques
phrases. Alors oui c'est gratifiant et c'est génial, mais quand un de vos amis à côté de vous n'aura dit que « nihao » ou « xiexie » et qu'il aura le droit au même traitement,
on fini par douter de la véracité de la chose...
Le deuxième cas de figure est lui un peu plus désespérant : les gens ne vous regardent même pas et ne font même pas attention aux sons présumés barbares que votre bouche émet. Au début de
notre séjour en Chine on est encore plein de fougue et au bout d'un moment on fini par se résigner. Voilà pourquoi en général quand je suis avec Kanbo, je ne fais même plus l'effort de parler
chinois, que ça soit juste ou non les chinois le fixeront lui avec espoir.
Ensuite lorsqu'une véritable conversation s'installe entre vous et des chinois, il faut faire très attention : vous êtes jugés très rapidement. Parfois pour de petites choses (vous n'avez
pas compris la blague pourri, la conversation ne vous passionne pas et vous vous êtes endormi en chemin, vous avez toussé en plein milieu de votre phrase et ça a pourri vos tons), vous serez
qualifié dans la catégorie « étranger paumé qui comprends rien », et la ça repart comme avant on vous laissera un peu de côté. Si vous réussissez le « test » et que vous êtes
catégorisés comme ayant un bon niveau, et là vous vous dites « bingo ». Et bien non ! ... Bizarrement les gens oublient très rapidement...
Ma propriétaire à chaque fois me repose inlassablement les mêmes questions à Kanbo et à moi, et elle fini par redécouvrir avec surprise à chaque fois que je parle chinois. Pareil pour un
fournisseur de Kanbo, etc.
Du coup... Vous avez constamment l'impression d'avoir à
prouver à tout le monde que vous parler chinois. Et puis on a tous notre petite vanité, j'ai bossé dure pour avoir un bon niveau de chinois, alors ce n'est pas pour que les gens me parlent
infiniment avec de grands gestes (d'ailleurs il me semble que peu de chinois ont des talents de mime)!
Dernière chose, ma colocataire et moi nous avons remarqués nombres de fois que lorsque nous voulons utilisés une jolie expression, une jolie tournure de phrase, même si nous le disons
correctement (validé par nos prof de chinois), et bien la plupart des gens ne le comprendront pas, car ils ne penseront pas que nous pouvons dire des choses un peu compliqués.
Et ça justement c'est le complexe
« Zhangjiagang ». On a beau dire les choses correctement, parce que vos interlocuteurs auront des préjugés sur vous, ils ne vous comprendront pas. Cela n'est ni vraiment de votre faute,
ni vraiment de la leur, ils sont tout de même chinois et comprennent parfaitement leur langue.
Je trouve cela flagrant avec « Zhangjiagang »
dans mon cas. Quand je dis le nom de cette ville, encore et toujours la plupart de mes interlocuteurs ne comprennent pas (même si ils connaissent le nom de cette ville), et ils pensent en général
que je dis « zhouzhaigou », et je peux vous assurer que du point de vue sonorité ce n'est pas si proche que ça ! Une fois qu'ils ont enfin compris que Zhangjiagang c'est
Zhangjiagang et non pas autre chose, ils rejettent la faute sur ma prononciation.
Or non, j'en suis sure maintenant je prononce ce nom
correctement et même avec les bons tons, la preuve est qu'à chaque fois que je vais à la gare acheter mon billet de bus pour rentrer à
Zhangjiagang, la personne du guichet comprends toujours du premier coup ! D'ailleurs s'en est un peu déroutant, car à force d'être reprise perpétuellement la dessus, je me sens maintenant
toujours obliger de vérifier sur l'écran si ma ville de destination est bien la bonne. Je ne voudrais pas me retrouver embarquer pour un bus allant au sichuan !
En bref mon constat à moi est le suivant : en général on a peu de vrais interlocuteurs chinois, mais même avec des gens qui vous connaissent bien, afin d'être compris il vaut mieux garder un
langage simple. Et c'est frustrant car en cours on vous apprend à bien utiliser de nombreuses expressions, et pourtant vous avez plus de 75% de chance de ne pas être compris en dehors de la salle
de cours ! Alors on est tenté d'être découragé.
Bien sure j'ai un peu noirci le tableau volontairement,
et parce que je ne veux décourager personne - malgré tout j'aime apprendre le chinois et j'aime le parler - , je vous donne donc mon petit secret pour parler vraiment chinois : les nouvelles
technologies !
J'utilise des logiciels de messagerie (wangwang ou même MSN), je vais sur des forums chinois ou j'ai des conversations via sms. Et là on peut vraiment discuter en chinois. Comme les gens ne
voient pas votre tête d'étranger, du coup les préjugés sur votre niveau passent à la trappe. La vous pouvez enfin utiliser vos plus beaux chengyu en toute confiance, vous serez enfin compris dans
la mesure où ce que vous dites est véritablement compréhensible. Bon c'est plus de la langue orale écrite qu'une vraie discussion orale, mais je vous assure c'est véritablement très gratifiant.
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